Municipales région Sud / PACA
Les prochaines élections en France des municipales se dérouleront du 15 au 22 mars 2026
Voici un portrait de situation dans des communes de plus de 10 000 habitants.
Marseille
Benoît Payan, maire sortant, brigue un second mandat avec comme ligne de programmation le logement avec la continuité de son plan logement., déjà 50.000 logements réhabilités insalubres et une augmentation des places en hébergement d'urgence . Niveau sécurité, il revendique le doublement des postes de sécurité dans la police municipale et un triplement de la vidéosurveillance. Sa difficulté est de prouver qu'il a été élu à son premier mandat légitimement, puisque cela devait être Michèle Rubirola ayant décliné, pour raison de santé, la première magistrate.
Face à lui, une droite qui se cherche. Martine Vassal, candidate et présidente de la métropole des Bouches du Rhône, une de ses propositions: limiter la mendicité par des arrêts municipaux et un renforcement de la télésurveillance. Cependant, elle est empêtrée par une enquête préliminaire de détournement de fonds public par un ancien membre du département, ce qu'elle conteste fermement et a déposé plainte.
Pour les extrêmes, le député du Rassemblement National Franck Allisio et prend ses adversaires à rebours en ne parlant que du narcotrafic, de remettre de l'ordre dans les écoles et doter la ville d'une police municipale "haute technologie". Bien soutenu par l'appareillage du système d'extrême droite, il espère surfer sur la vague du rejet et être élu maire de Marseille.
L'extrême gauche fait confiance au député des quartiers Nord avec des mouvements citoyens et le parti Révolution Ecologique pour le Vivant , Sébastien Delongu dont la ligne éditoriale est mettre dos à dos "Le système Payan" du "Système Vassal" pour proposer une vision tout autant répressive mais unitaire. Cependant, il est dans le collimateur de la justice avec des affaires passées et en cours, comme les manifestations de taxi en 2016 pour entrave à la circulation où il a eu 1500€ d'amende et trois ans d'inéligibilité, et par l'affaire du lycée St Exupéry en 2023 par son blocus. Ces actes sont issus de son militantisme, mais certains marseillais souhaitent qu'ils se positionnent sur la question diplomatique de l'Algérie, alors qu'il s'y est déplacé.
D'autres figures anti- système issu de l'appareillage classique ont monté leur liste comme Nora Preziosi, en rupture avec Martine Vassal et souhaite "casser le système" comme Victor Hugo Espinozo, militant écologique, conduit une liste "préservation des environnements" et souhaite faire du traitement des déchets la priorité de son mandat. Il n'est pas soutenu par l'appareillage des Ecologistes qui soutiennent Benoît Payan.
Aix en Provence
Contexte politique
La droite domine le paysage aixois, élu dans un contexte COVID en 2020 avec une forte abstention. Aujourd'hui, les élections législatives de 2024 ont élu plutôt la gauche, avec le député Marc Pena, ce qui peut être le "match" de ces élections municipales avec l'ombre de la gauche plus dynamique et jeune des Insoumis en la présence de Julie Boronad.
Les enjeux politiques
Sont les mêmes que partout ailleurs :
- Sécurité publique : par un renforcement des mesures et le développement d'une police municipale mieux équipée et plu nombreuse.
- Economie et emploi : par une économie inclusive stimulant l'emploi, le commerce, les petites entreprises
- Environnement : avec la difficulté d'une décharge à ciel ouvert côté de la gare TGV
- Mobilité : développement des transports durables et peu fossilisés, l'amélioration des transports en but par le PLU ( Plan Local d'Urbanisme)
- Patrimoine et préservation de l'identité culturelle : rénovation du patrimoine car le tourisme génère par an 4 millions de visiteurs.
Les candidats principaux
- La maire sortante Sophie Joissains (UDI) : avant ce mandat, elle a été sénatrice des Bouches du Rhône de 2008 à 2020, ce qui a planifié sa carrière politique nationale. Elle est dans la succession de sa mère, et applique le même programme : identité de la ville, sécurité, tourisme et joie de vivre.
- Philippe Klein (Horizons) : il veut représenter le centre droit indépendant et pour cela, il s'est détaché de son ancien groupe tout en restant le référent officiel de son parti et préside le groupe d'opposition "Aix Autrement" à la mairie car il est élu conseiller municipal. Son programme : sécurité, qualité de vie et mobilité.
- Jean Louis Geiger (RN / UDI) : c'est l'offre politique d'extrême droite avec comme seul programme "la sécurité". Il est conseiller régional d'opposition.
- Marc Pena ( Union de la Gauche) : membre du parti socialiste, c'est un universitaire ( ancien président de l'université Paul Cézanne et doyen de la faculté) et son programme est plutôt sur le mode de vie aixois avec le développement des logements décents pour les habitants et lutter contre le tourisme de masse, pour la santé développer 12000 postes pour un budget de 1,2 milliard d'euros. Il souhaite rester dans une opposition constructive, défendant une politique locale équilibrée en préservant son enveloppe environnementale digne pour tous.
- Julie Bonard ( France Insoumise) : c'est la plus jeune des candidats, de sa hauteur de ses 26 ans et veut rompre "avec la vieille gauche" représenté par Marc Pena en mettant en place de la démocratie participative, gérer tous les services et transformer la ville avec une conviction sociale et écologique forte. Son programme est en deux points : mettre en place des régies publiques essentielles comme pour l'eau, restauration scolaire, énergie, gestion des déchets et transports et lutter contre la spéculation immobilière et le tourisme de masse.
Nice
C'est un duel à droite qui se déclare avec des réseaux éclatés entre le maire sortant, qui brigue un quatrième mandat et Eric Ciotti, soutenu par l'extrême droite. En face d'eux, une gauche divisée avec des centristes qui ne peuvent plus s'orienter.
Pour l'instant, il y a 11 candidats dont une liste "libre" celle de Jean-Claude Wahid Spach-Kamel, qui repose sur une des revendications des partis des extrêmes, à savoir plus de démocratie participative pour se réapproprier la souveraineté citoyenne. Tout comme à Marseille ou Aix pour certains candidats, le projet repose sur des assemblées citoyennes par quartier par des mécanismes de décisions directes. Le candidat réclame la confiance citoyenne pour que Nice reste l'une des villes la plus attractives de France. Nathalie Dloussky, autre candidate se positionne sur la mise en place d'une démocratie citoyenne par la mise en place de RIC ( Référendum d'Initiative Citoyenne) constitutionnel. Cette proposition permettrait des audits citoyens par quartier qui permettrait à chaque fois de réviser le cadre juridique afin de baisser le taux de la délinquance et des violences urbaines. Son programme s'inscrit dans la répression à la manière de Trump avec la mise en place d'une "opération Phenix Méditerranéen" pour contrer le narcotrafic, entre milices citoyennes et cadre policier.
A l'opposé, Mireille Damiano propose la gratuité des transports pour Nice pour qu'elle puisse être attractive et se placer comme "un Montpellier italien". Le financement serait effectué par des taxes aux plus riches. Même propagande pour Juliette Chesnel- le Roux qui défend aussi le transport à moindre coût pour Nice et l'attractivité économique qui en découlerait. Elle défend l'identité de Nice, en déclinant le carnaval à travers les quartiers et en créer un pour les plus jeunes, adressé aux enfants. Pour répondre à cette attaque, le maire sortant Christian Estrosi propose la mise en place du tramway 4 allant de Nice à St Laurent du Var en passant par Cagnes sur Mer. Cela coûterait 350 millions d'euros et il souhaite développer la ville vers une politique familiale en développant les crèches et proposer 1500 postes petite enfance. Pour Ecologie au centre, la proposition phare porté par Jean Marc Governatori, et souhaite concilier pragmatisme et écologie pour le bien vivre à Nice. Autre liste écologique prenant les distances avec les partis qui portent le signe de l'écologie depuis des décennies, celle de Hélène Granouillac souhaitant concilier économie et écologie.
Avignon
Le maire est sortante et ne se représentera pas. Face à cela, six candidats dont une triangulaire pourrait être mis en place au second tour. Sont nommés :
David Fournier (PS)
Paul Roger Gontard (Confluences citoyennes)
Anne‑Sophie Rigault (Rassemblement national)
Stéphan Fiori (Entreprendre pour Avignon)
Olivier Galzi (Galzi pour Avignon 2026)
Mathilde Louvain (LFI)
Deux listes sont sans étiquettes "Galzi pour Avignon 2026" et "Entreprendre pour Avignon", une est soutenu par une dynamique de la droite et du centre, l'autre est soutenues par les réseaux des entreprises et des commerçants d'Avignon et du Grand d'Avignon. Leur point commun est de vouloir conduire Avignon comme une entreprise de droit privée, et cela comporte des dangers comme une augmentation des taxes dont le thème central est la sécurité publique par le développement de la police municipale et des moyens techniques "high-tech". Face à eux, la gauche est éclatée avec trois liste PS, Confluences citoyennes et LFI. David Fournier, soutenu par le maire sortant, porte l'héritage de Cécile Helle avec ses avantages et ses défauts, dont le plus important celui de la circulation. Pour Paul Roger Gontard, qui pourtant fait parti des représentants de la mairie d'Avignon en tant qu'adjoint au maire des grands projets ne peut par revendiquer le même parcours puisqu'il est divers gauche et revendique, comme Mathilde Louvain, a une vision différente de la politique locale. Quand à l'extrême droite, Anne Sophie Rigault souhaite comme Galzi ou Fiori, un Avignon d'entreprendre avec en exigence une sécurité et une propreté renforcée. Niveau culture, tous se positionne pour un rayonnement des festivals sans trouver des solutions pour amoindrir les frais locatifs que subissent les compagnies pour vivre pendant les trois semaines du festival et qui viennent faire le rayonnement de la ville en juillet.

